07 septembre 2006

Itinéraire d'un catapulteur pas franchement gaté - part 2

Lors de nos précédentes aventures je vous avez laissés au moment où je m'appretais à partir pour la magnifique Roumanie des années 80 pour y traquer la loutre et apprendre les arcanes mystérieuses de maîtres catapultiers. Bon, j'ai fait Dunkerque-Banlieue campagnarde de Bucarest à pieds. Et croyez moi ça en fait des heures de marche! Après cinquante-trois jours de trotte j'arrive à destination. Mes pieds sont en sang. Je me dirige vers une petite ferme. Là vit la famille Ingallscescu. Le père de famille s'appelle Charles...Charles Ingallscescu. C'est un brave coupeur de bois habillé en salopette. Il a une femme...Caroline. Plusieurs filles (hmm les coquines), un fils adoptif...et un chien. Un vieux chien miteux. Mais vraiment miteux et qui mange sa propre peau. Ces braves et pas très cultivés paysans m'accueillent les bras ouverts. Ils soignent mes pieds, m'offrent gîte et repas et me proposent de rester loger dans la grange à viande de nains (oui de la viande de nains). Pour leur rendre service je décide, au cours d'une visite à Bucarest, de chercher un petit boulot. Je deviens autoradio humain (cf photo). C'est simple : on me loue 25 roubles pour une heure de présence dans la voiture du client. Là, tenant un autoradio sur ma tête, j'interprète de nombreux titres du folklore roumain. A l'époque c'est "Talascu mivivic razcu" qui est très à la mode. Quatre victoires aux grammy awards...de Roumanie.

Revenons à nos moutons. Les loutres, où les trouver? Pendant mes heures de repos je traîne dans les bois non loin de la ferme. A un moment je tombe sur un petit ruisseau. A droite du ruisseau, une grosse pierre...mais ça on s'en fout. Et plus loin : un nid de loutres grises! Ni une, ni deux, ni même trois je saisis mon fusil à flechettes paralysantes et je tire en rafale. Je capture une demi douzaine de loutres et j'en tue deux...pour la déconne (à coup de crosse de fusil, j'aime voir la cervelle de loutre repandue sur le pierre au petit matin...). Les loutres en poche, ou plutôt dans le sac il ne me reste plus qu'à trouver un vieux maître catapultier, seul capable de m'enseigner les bons trucs pour construire une vraie catapulte de compétition.

En marchant en direction du levant (poésie quand tu nous tiens) j'arrive à la ferme de Monsieur Edwardescu. Et figurez vous que Monsieur Edwardescu est maître catapultier (comme par hasard)! Pendant des heures je vais lui soutirer des informations. Bon je vais être honnête, j'y suis allé à coups de tenaille et tournevis cruciforme, il voulait rien me dire le salaud! Je suis resté dans la magnifique campagne de la banlieue de Bucarest pendant une bonne année bisextile. C'est vraiment là que j'ai commencé à manier comme pas deux la catapulte à loutres. Le matin je catapulte, l'après midi je travaille en tant qu'autoradio humain et le soir nous mangeons du ragout de loutres. Mais voilà, cette belle époque a pris fin un funeste soir de novembre. Après avoir trop mangé de viande loutresque j'ai eu envie de tuer toute la famille Ingallscescu. Comme ça...pour la déconne. La nuit j'ai cloué toutes les portes et fenêtres et j'ai foutu le feu. Bon, pour être honnête le lendemain la police de la région s'est mise à ma recherche, j'ai alors repris la route pour la France. Mais cette fois ci hors de question de revenir à Dunkerque, c'était direction Paris et son Parc des Princes pour un meeting de catapultage de loutres! Ma première vraie compétition! Mais ceci est une autre histoire...

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