29 septembre 2006

Itinéraire d'un catapulteur pas franchement gaté - part 3

Me voici donc en route pour ma première compétition de catapultage de loutres (ah ouais j'ai enchainé directement sur la suite de l'episode précédent, fallait suivre hein). Paris, me voici! Ah Paris, tes routes pavées. Tes vitres. Oh oui, tu as de belles vitres. En verre. Du verre transparent. Oh Paris, je t'aime. Pour être honnête j'avais un peu honte. En effet, mes souliers étaient tout crottés, mes vêtements tout déchirés et ma gueule...toute propre elle bizarrement. Faut dire qu'après douze jours de marche je n'étais plus très frais. Dans un premier temps, pour vivre et me payer l'inscription pour la compétition de catapultage, j'ai du faire la manche. La manche...l'acte de mendicité hein, pas la mer qui sépare l'Angleterre de...l'Australie? (oui je sais, c'est drôle)

Durant cette période j'ai pu découvrir la méchanceté des bourgeois de la capitale. Oh oui que je vous méprise porteurs de haut-de-forme! Marcheurs à la canne! Snobs monoclés! Houuuuu je vous hue! Heureusement j'ai réussi à me faire des amis. Le petit Oliver par exemple. Oliver Twister (un petit garçon, pauvre, qui passe son temps à tourner sur lui-même). J'avais un autre ami : le petit Johnny. Un vendeur de journaux de la trente-deuxieme rue (enfin, à l'angle de la treizième et de la trente-deuxième). "Qui veut les nouvelles?! Les nouvelles fraiches du matin! Tout sur le crach boursier!" Criait-il...jusqu'à qu'il soit emporté dans un terrible accident de la route (une sombre histoire de looping en camion benne).

J'ai, après moult efforts, réussi à décroché un boulot de paratonnere humain (cf photo). Vous remarquerez ma capacité à trouver des jobs louches. Cinq cent sesterces en poche j'ai pu enfin me payer l'inscription au tournoi. Me voici arrivé au Parc des Princes. Célèbre écrin sportif de Paris où évolue l'équipe géniale du Paris-Saint-Germain, de braves magiciens du ballon rond, tels des Merlin l'enchanteur aux souliers à crampons.

Je paie mon inscription et là, je franchis les portes. De braves athlètes s'échauffent déjà. Ils font des exercices de Tai Shi Shuan ougandais. De petites loutres grises volent déjà le long de la pelouse. Au loin j'aperçois la stature svelte et buriné de Michael Vestino (cf ancien article). Je suis habillé d'un jogging vert clair et de petites bottines en cuir de daim, je fais déjà ma petite impression. Vestino me fait un "ok" de la main. A peine entré je fais déjà partie de la famille des catapulteurs.

Le stade est déjà bien rempli. Les juges prennent place, les concurrents aussi. Je pose à mes pieds un tas de planches de bois de cagette. Je passe la main sur ma barbe naissante (ah oui, à l'époque j'ai neuf ans, j'ai oublié de le préciser). Vestino est à coté de moi, déjà concentré, il passe ses mains fermes sur son corps huilé. Parterre ses petites loutres piaillent d'impatience à l'idée de se faire catapulter (puis de mourir dans d'atroces souffrances). Dans les tribunes John Philston B. Butcher (cf un très vieil article) tape des mains.

Ma première compétition de catapultage de loutres peut commencer!

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