15 octobre 2006

Meeting de Birmingham : Michel Leeb contre Christian Morin

Birmingham cité éternelle. Cité céleste anglaise sortie de terre en 589 après JC. Batie par des nains jongleurs et entretenue par des singes au cerveau juteux. Tu accueilles, ville de rêve, le dernier meeting international outdoor du catapultage de loutres. Autant le dire, ce meeting était très attendu. Tous les catapulteurs voulaient en découdre. Ceux qui avaient déjà tout gagné voulaient encore gagner et ceux qui n'avaient rien gagné voulaient eux aussi gagner et des malabars bigouts!

Tout commence le 13 octobre. Stade de Birmingham. Ca chauffe dès l'entrainement. Steven Olsvalich, le suédois, s'amuse à faire des "frites" dans le dos des autres concurrents. La troupe des nains volants (célèbre troupe d'acrobates de petite taille...des nains quoi) organise un tournoi de krump avec une douzaine de loutres (les loutres sont balèzes au krump). Moi je tente de rester calme. Je veux gagner ce tournoi que je n'ai, chose étonnante, jamais remporté. Pour mettre toutes les chances de mon côté je décide de mener mon jeu à la française.
Avant les premiers coups de catapulte je vais dans les vestiaires là, ni une ni deux, je coule dans du béton le jeune Henri Filipon, jeune catapulteur français. Il faut dire qu'il est en fauteuil roulant. Donc facilement coulable dans un pilonne. Ensuite je m'attaque à Moussa N'Gomo, seduisant catapulteur sénégalais. J'y suis allé au torchon, à l'ancienne : overdose de pépitos.

Je sais c'est mal tout ça. J'irai surement en Enfer. Je sais, je sais. Mais qui, honnêtement parmi vous lecteurs, n'a jamais tué quelqu'un?
Revenons au sport! Je remporte rapidement les premières manches. Néanmoins Olsvalich s'accroche grace a ses effets retros (il arrive à faire tournoyer les loutres de façon à les ralentir dans l'air et accentuer l'effet Leandro). A deux lancers de la fin du meeting (ouais je passe les détails parce que bon on va pas se taper tout le meeting, c'est chiant, c'est comme suivre un marathon sur France 3) nous sommes trois ex aequo.

Parfois la vie est difficile. On se dit que le destin nous en veut. Que la Terre n'est qu'un grain de poussière dans l'univers. Que la vie n'a pas de sens et que des millions de dinosaures sont morts pour rien. Parfois on se pose ce genre de questions philosophiques. On touche du bout du doigt l'impromptu et...en fait ce que je suis en train de dire n'a aucun rapport avec le meeting. Trois ex aequo : Olsvalich, Bobonsky (le catapulteur manchot russe) et moi. Olsvalich tente un tir de l'aigle (la loutre est lancée de façon verticale et attrape les courants ascendants), Bobonsky préfère en fourbe qu'il est (comme tous les Russes d'ailleurs) tenter une "Christian Morin" (c'est envoyer la loutre selon les courants tourbillonnant, tourbillons qui, si on regarde bien, décrivent une sorte de clarinette dans les airs). Quant à moi je me réfère à ce que m'avait mon mentor maitre catapultier : "face à un tir de l'aigle ou une Christian Morin il n'y a qu'un chose à faire. Tu dois...hey tu m'écoutes?! Pose cet Ipod!" Merde, j'aurais peut-être du l'écouter jusqu'au bout. Du coup je tente une Michel Leeb (catapulter la loutre suivant un arc de courants ascendants de façon tellement puissante qu'un son étrange surgit, son ressemblant au rire du chinois imité par le grand humoriste qu'est Michel Leeb). Et croyez le ou non, c'est ma technique qui l'emporte. Je prends une avance considérable.


Bobonsky casse sa catapulte. Olsvalich reste mon unique concurrent. Là il sait qu'il doit tenter le tout pour le tout. Il tente un coup de foufou : le triple double Ruquier. Coup que seul M. Vestino (cf ancien article) a su maitriser. On nomme triple double Ruquier le coup qui consiste à faire toupiller la loutre de droite à gauche en plein vol, dessinant ainsi dans les airs les petites lunettes de Laurent Ruquier (Vestino est un grand fan de cet humoriste). Malheureusement Olsvalich a échoué. La loutre qu'il a utilisé n'était pas très fraiche et s'est déchirée en deux en l'air. Une moitié de la loutre a bien effectué la figure des lunettes mais l'autre moitié est tombée en tribune, dans le carré VIP. Du coup cette loutre n'est pas valable. Je suis alors déclaré vainqueur. Ma première victoire au meeting de Birmingham.

J'ai fait un tour d'honneur dans le stade avec un cadavre de loutre dans la coupe du lauréat (c'est la tradition). Cadavre offert à un enfant pour qu'il le déguste encore chaud et cru (ça aussi c'est la tradition).

Prochain meeting outdoor international : le 2 mai 2007 au Cap.

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