25 octobre 2006

Itinéraire d'un catapulteur pas franchement gaté - part 4

Catapulter une loutre c'est franchement un métier. J'ai pu m'en apercevoir au moment de catapulter mon premier animal en compétition. Les mains tremblantes j'ai lancé l'animal...derrière moi. Un vrai nul. Nul comme un singe j'étais. J'ai même cassé ma catapulte pendant la compétition. Lorsqu'on casse sa catapulte en bois de cagette en pleine compétition on a deux minutes pour en construire une autre, une autre catapulte qui doit être totalement différente de la première. Je sais, cette règle est un peu stupide, mais elle vient de grands hommes au cerveau juteux, donc je m'incline. Malheureusement à cette époque j'étais jeune et puceau et je ne savais construire qu'un type de catapulte. Heureusement que je m'étais fait tatouer sur le corps les plans d'une autre catapulte. Catapulte dite "de la mort", inventée par mon maître catapultier. J'ai pris un morceau de miroir dans ma poche (j'ai toujours un morceau de miroir dans la poche) et j'ai scruté mon corps. Et là j'ai ressenti comme une...excitation. Devant la vue de mon corps svelte et prépubère j'ai frémi...hmmm ce corps...et j'ai enfin vu les plans de la nouvelle catapulte. J'ai l'ai alors rapidement construite (niveau construction je touche ma bille, je suis champion départemental de Lego).

La catapulte de la mort est un engin qui peut vous péter à la gueule à tout moment. Oui, le bois de cagette peut exploser (cf rapport de juin 2005 du commissariat à l'energie atomique intitulé le rôle du bois de cagette dans la fission atomique). C'est muni de gant mapa (cf photo, gants exposés au musée du catapultage de loutres à New York) que j'ai actionné pour la première fois le levier de catapultage de cette machine. La loutre est partie comme une fusée (on a même entendu un "BANG!" signalant qu'elle a passé le mur du son). Je revenais dans la course!

Mais en course il y a le grand Vestino. Et à l'époque il était imabattable. Je finis à une honorable cinquième place. Malgré ma nouvelle catapulte je n'ai pas toujours envoyé les loutres où j'aurais du (disons que ce soir là il y a eu quelques personnes empallées en tribune). Avec les années j'ai appris à maitriser ce type de catapulte.
Ce que je retiens de cette première compétition de catapultage c'est d'abord l'ambiance virile (mais correcte) qui s'en dégage. Tous ces compétiteurs musclés et assoifés de sang qui se réunissent le soir devant la télé pour regarder un concert de Patrick Sébastien et qui, au creux de la nuit, s'enduisent le corps de sang de loutres et se claquent le cuisseau. J'ai aussi retenu la ferveur du public nous poussant à plus de tuerie loutrière et plus d'ingéniosité catapultière. Tout ça a confirmé mes envies de catapultage.


La compétition terminée je m'en suis allé avec un petit groupe de catapulteurs (dont Vestino) dans la forêt roumaine (oui oui il n'y a qu'une forêt en Roumanie) pour y suivre un stage de perfectionnement. Mais ceci est une autre histoire...

15 octobre 2006

Meeting de Birmingham : Michel Leeb contre Christian Morin

Birmingham cité éternelle. Cité céleste anglaise sortie de terre en 589 après JC. Batie par des nains jongleurs et entretenue par des singes au cerveau juteux. Tu accueilles, ville de rêve, le dernier meeting international outdoor du catapultage de loutres. Autant le dire, ce meeting était très attendu. Tous les catapulteurs voulaient en découdre. Ceux qui avaient déjà tout gagné voulaient encore gagner et ceux qui n'avaient rien gagné voulaient eux aussi gagner et des malabars bigouts!

Tout commence le 13 octobre. Stade de Birmingham. Ca chauffe dès l'entrainement. Steven Olsvalich, le suédois, s'amuse à faire des "frites" dans le dos des autres concurrents. La troupe des nains volants (célèbre troupe d'acrobates de petite taille...des nains quoi) organise un tournoi de krump avec une douzaine de loutres (les loutres sont balèzes au krump). Moi je tente de rester calme. Je veux gagner ce tournoi que je n'ai, chose étonnante, jamais remporté. Pour mettre toutes les chances de mon côté je décide de mener mon jeu à la française.
Avant les premiers coups de catapulte je vais dans les vestiaires là, ni une ni deux, je coule dans du béton le jeune Henri Filipon, jeune catapulteur français. Il faut dire qu'il est en fauteuil roulant. Donc facilement coulable dans un pilonne. Ensuite je m'attaque à Moussa N'Gomo, seduisant catapulteur sénégalais. J'y suis allé au torchon, à l'ancienne : overdose de pépitos.

Je sais c'est mal tout ça. J'irai surement en Enfer. Je sais, je sais. Mais qui, honnêtement parmi vous lecteurs, n'a jamais tué quelqu'un?
Revenons au sport! Je remporte rapidement les premières manches. Néanmoins Olsvalich s'accroche grace a ses effets retros (il arrive à faire tournoyer les loutres de façon à les ralentir dans l'air et accentuer l'effet Leandro). A deux lancers de la fin du meeting (ouais je passe les détails parce que bon on va pas se taper tout le meeting, c'est chiant, c'est comme suivre un marathon sur France 3) nous sommes trois ex aequo.

Parfois la vie est difficile. On se dit que le destin nous en veut. Que la Terre n'est qu'un grain de poussière dans l'univers. Que la vie n'a pas de sens et que des millions de dinosaures sont morts pour rien. Parfois on se pose ce genre de questions philosophiques. On touche du bout du doigt l'impromptu et...en fait ce que je suis en train de dire n'a aucun rapport avec le meeting. Trois ex aequo : Olsvalich, Bobonsky (le catapulteur manchot russe) et moi. Olsvalich tente un tir de l'aigle (la loutre est lancée de façon verticale et attrape les courants ascendants), Bobonsky préfère en fourbe qu'il est (comme tous les Russes d'ailleurs) tenter une "Christian Morin" (c'est envoyer la loutre selon les courants tourbillonnant, tourbillons qui, si on regarde bien, décrivent une sorte de clarinette dans les airs). Quant à moi je me réfère à ce que m'avait mon mentor maitre catapultier : "face à un tir de l'aigle ou une Christian Morin il n'y a qu'un chose à faire. Tu dois...hey tu m'écoutes?! Pose cet Ipod!" Merde, j'aurais peut-être du l'écouter jusqu'au bout. Du coup je tente une Michel Leeb (catapulter la loutre suivant un arc de courants ascendants de façon tellement puissante qu'un son étrange surgit, son ressemblant au rire du chinois imité par le grand humoriste qu'est Michel Leeb). Et croyez le ou non, c'est ma technique qui l'emporte. Je prends une avance considérable.


Bobonsky casse sa catapulte. Olsvalich reste mon unique concurrent. Là il sait qu'il doit tenter le tout pour le tout. Il tente un coup de foufou : le triple double Ruquier. Coup que seul M. Vestino (cf ancien article) a su maitriser. On nomme triple double Ruquier le coup qui consiste à faire toupiller la loutre de droite à gauche en plein vol, dessinant ainsi dans les airs les petites lunettes de Laurent Ruquier (Vestino est un grand fan de cet humoriste). Malheureusement Olsvalich a échoué. La loutre qu'il a utilisé n'était pas très fraiche et s'est déchirée en deux en l'air. Une moitié de la loutre a bien effectué la figure des lunettes mais l'autre moitié est tombée en tribune, dans le carré VIP. Du coup cette loutre n'est pas valable. Je suis alors déclaré vainqueur. Ma première victoire au meeting de Birmingham.

J'ai fait un tour d'honneur dans le stade avec un cadavre de loutre dans la coupe du lauréat (c'est la tradition). Cadavre offert à un enfant pour qu'il le déguste encore chaud et cru (ça aussi c'est la tradition).

Prochain meeting outdoor international : le 2 mai 2007 au Cap.

08 octobre 2006

Rimbaud et les loutres

C'est un secret pour personne, Rimbaud était un grand amateur du catapultage de loutres. Mais, étrangement, on avait jamais retrouvé de poèmes dédiés à ce fantastique sport. Jamais...jusqu'au début de cette année. Des historiens Rimbaldophiles ont exhumé, des sous-sols du musée du tournevis, des manuscrits du célèbre poète de Charleville. Les Editions Gallimard ont recemment publié ce recueil sous le titre de La solitude du porte-clés (en référence au titre d'un des poèmes). Recueil qui comporte de nombreux textes dédiés au catapultage de loutres. Aujourd'hui et dans les semaines à venir je vous proposerai ici quelques uns de ces textes. Commençons dès lors avec Catapultage, un poème de 1871.

Catapultage

De Paris à Charleville la loutre fuse,
A la belle couleur vert-de-gris, rouge de rage.
Sportif expert sans haine, sans fiel et sans ruse
Tu navigues fièrement entre villes et paturages.

Au loin tu guettes avec envie le son lourd,
C'est la loutre qui se meurt avec outrages.
Sur tes joues rosies coulent de sombres larmes d'amour :
Tu es catapulteur malgré ton jeune âge.

Tu ne seras jamais, oh que non, barbier,
Adepte de la voile ou tout autre sport de nage.
Ton coeur bat et echoe à travers sentiers :
Ta passion, ta vie a un nom, catapultage.

06 octobre 2006

Un museau qui pénétre parfaitement...

Il y a de cela plusieurs navoutoutes...ah oui, maintenant j'ai décidé de dire "navoutoute" à la place de "semaine". Ouais, comme ça, sur un coup de tête (héhé...comme Zidane). Donc, il y a de cela plusieurs NAVOUTOUTES, je parlais de la loutre grise de Roumanie. Ce fantastique animal de 70 cm de long. Je disais que le museau de la loutre permettait une parfaite pénétration dans l'air. Mais avons-nous bien étudié ce fameux museau? La réponse est bien sûr NON!

C'est à la fin du XIXème siècle que les chercheurs se sont penchés...non ne vous penchez pas trop, vous allez tomber!! Noooon!!!!!! Pedrooooo!!!! Oulah, je m'écarte du sujet. Les chercheurs oui. Ils ont travaillé sur le museau de loutre grise de Roumanie. "Mais pourquoi donc les loutres pénètrent-elles mieux l'air que n'importe quel autre animal?" était la question que ces musculeux chercheurs se posaient encore et encore. En 1865 le hollandais Franckahrt Von Duddle, professeur de ping pong appliqué à la prestigieuse université d'Amsterdam III théorise ce qu'on appelle aujourd'hui le coefficient de pénétration de la loutre grise de Roumanie. L'idée est simple : le museau de la loutre est ainsi fait qu'il annule les effets négatifs de frottement au moment de la pénétration (hmm coquine).
Regardez la photo, on voit bien que le museau forme un angle de 38 degrés (comment ne pas le voir?!), angle parfait d'après Franckahrt Von Duddle.

Vous allez me dire qu'il y a surement d'autres animaux qui possedent cet angle magique. Eh bien non! D'un autre côté j'allais pas vous dire oui, sinon j'aurais foutu en l'air mon article. Von Duddle a tenté de catapulter des vaches, des singes roux et même des paraplégiques. Rien n'y a fait, la loutre part comme une flèche alors que les autres animaux font loopings et autres virevoltes.

Ainsi, si un jour vous devez catapulter un animal, pensez à Franckahrt Von Duddle et son angle de pénétration.