28 octobre 2008

Sauve un patron, catapulte une loutre - dénouement

Une touffe de poils gris. Ici un morceau de queue, là trois dents ensanglantées. Une patte palmée arrachée à droite. Un museau tuméfié à gauche. Ce tableau est ce qu'on pouvait observer au pied des murs en béton armé utilisés dans les compétitions de "distance", soutiens aux patrons, de ce 25 octobre. Les loutres grises déchiquetées me rendent poète et pourtant ce week end, en Afrique du Sud, ce n'était ni du RIMBAUD ni du BAUDELAIRE. On était plus dans le bon vieux gore. Dans le catapultage tel que les glorieux anciens l'ont inventé.

J'étais donc au Cap ce samedi. Notre bon Président, Monsieur SARKOZY était aussi de la partie, vêtu d'un bel ensemble Tacchini vert pomme et d'un bandana blanc le Coq Sportif. Et il a eu bien du courage Monsieur le Président. Catapulter des loutres sous les vociférations et jets de parpaings concassés du public relève d'un véritable exploit. Il fallait le voir esquiver des pierres de plusieurs kilos, échappant de peu à l'arrachage partiel du crâne. Mesdames et Messieurs nous sommes gouvernés par un véritable athlète! Si ses qualités de survie sont indéniables on ne peut pas vraiment en dire autant de ses aptitudes au catapultage de loutres. Disons que dans ce domaine il pourrait tout juste concurrencer un débutant shooté au LSD. Désolé Monsieur SARKOZY mais il vous faut encore quelques heures d'entraînement. Le record présidentiel de POMPIDOU peut dormir sur ses deux oreilles (si tant est qu'un record ait des oreilles). Je suis prêt à vous donner des cours...surtout si votre femme, nue, danse lascivement sur un gros cube en plastique rose.

Le public pouvait bien sûr catapulter une loutre moyennant écus. Si pour beaucoup le droit d'entrée était l'équivalent d'un salaire mensuel ça n'a en rien altéré la volonté du peuple du Cap à soutenir les patrons opprimés par la terrible crise mondiale. J'ai même vu un jeune enfant, Pedro je crois...Pedro l'Africain, qui n'avait plus que la peau sur les os donner une bourse remplie de pièces pour se payer le luxe de catapulter une loutre le plus loin possible. La solidarité ne connaît pas la profondeur du porte feuille (Oscar WILDE ?).
Sur les trois lieux de compétition (Afrique du sud, Argentine et Australie) ont été récolté de coquettes sommes. Argent qui aujourd'hui se trouve dans les poches en tweed de gros fumeurs de cigares.

Merci catapulteurs du dimanche! Vous avez su vous priver d'un repas...voire même quatre ou cinq, pour catapulter une loutre et sauver de braves patrons au coeur blessé. Merci encore! *tape du poing sur sa poitrine et essuie une larme*

1 commentaire:

Pierrot a dit…

IL a osé