15 novembre 2008

Les trois valeurs du catapultage de loutres

Récemment j'ai reçu une lettre de Pedro...Pedro le Philippin. Il voulait que je lui résume le catapultage de loutres en trois mots. Oui, en trois mots. Et oui j'aime les répétitions. Difficile de circoncire un noble sport en si peu de termes. Mais, alors que je regardais un excellent épisode des "Experts Rungis" un éclair de lucidité m'a frappé. Ce genre de moment qui atteint les alcooliques au lendemain d'une cuite qui les a conduit à bord d'un sous-marin russe gay. Non, je ne pouvais pas résumer le catapultage de loutres en trois mots, mais en trois valeurs! Rien qu'ça. Quelles sont elles? Le tournevis cruciforme, le bois de cagette et la loutre elle-même.
Les plus fins linguistes opposeront à cela que ce ne sont pas des valeurs mais des groupes nominaux. Mais par ces propos ils ne feraient que prouver leur non attachement à notre sport et surtout leur non compréhension des choses. Comment ne peut-on pas qualifier le tournevis, le bois de cagette et le petit animal projectile de valeurs? Etant donné que c'est une interrogation rhétorique on ne peut évidemment pas.

Comment ne pas penser au vaillant catapulteur construisant sa catapulte, les mains pleines de sueur et d'échardes lorsque se présente à nos yeux un tournevis cruciforme?
Comment ne pas visualiser une catapulte, chef d'oeuvre ouvragé digne des plus belles cathédrales de Bagdad, lorsqu'on achète une douzaine de pommes de terre disposées dans une cagette en bois chez le primeur?
Et comment ne pas être frappé par deux siècles d'histoire de sport et d'une envie impalpable de meurtre jouissive lorsqu'on voit une petite loutre grise batifoler dans un étang?

Le tournevis cruciforme, le bois de cagette et la loutre grise de Roumanie resteront à jamais les trois valeurs les plus fortes du catapultage. Leur simple évocation remplit le cerveau d'une galaxie d'images, de sensations et de liquide noirâtre semblable à du Destop. Si un Américain est prêt à mourir pour son drapeau, nous catapulteurs, sommes prêts à périr pour nos trois valeurs.

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