30 avril 2008

Un entraînement qui sent la merguez

En 50 avant J.C. le Haut Commandement de l'armée de Rome institue un entraînement obligatoire avant chaque conflit armé. Les jeunes légionnaires doivent porter des vaches sur plusieurs kilomètres et ce pendant trois jours d'affilé. C'est de cette épreuve que vient l'expression "la vache!".
Aujourd'hui, si on laisse les vaches au pré ou dans les assiettes (en tranches) la notion d'entraînement n'a pas disparu et le catapultage de loutres n'en est pas exempt. Pour illustrer mes propos j'ai rencontré un jeune catapulteur plein d'avenir : Eric FROMAGER.

Bois de Vincennes, 9h du matin. C'est vêtu d'un simple paillasson marron qu'Eric FROMAGER se présente à moi. Son accoutrement est destiné, selon lui, à se faire pénétrer profondément par le "inner otter".

RAPPEL : Mais qu'est ce donc que le inner otter? Il y a plusieurs mois (ou siècles je ne sais plus) j'avais écrit un article dessus. Le inner otter c'est ressentir la puissance de la loutre morte en soi. Un peu comme la "Force" dans la Guerre des Étoiles.

L'entraînement d'Eric est typique du catapulteur de loutres : méditation, catapultage de loutres et beaucoup de substance stupéfiante. Tout commence par une séance de repli sur soi, assis en position lotus, à même le sol tourné vers la Roumanie (la patrie de la loutre grise) près du stand de saucisses-merguez. Les effluves de merguez sont bénéfiques pour les catapulteurs de loutres (une histoire de chimie, le catapulteur étant particulièrement sensible à la merguezite, molécule issue de la merguez). Armé d'un bandeau sur le front aux couleurs de la marque Spontex Eric fait le vide. Il s'imprègne de l'esprit des anciens et se laisse trousser par le inner otter. A son réveil il est habité par la rage du tueur, une soif d'assassinat de masse lui emplissant le lobe frontal.
C'est près du lac qu'Eric catapulte quelques dizaines de loutres. Il les fait s'écraser sur la surface de l'eau pour qu'elles puissent ensuite être récupérées aisément par les enfants. Car, comme on le sait, les enfants aiment jouer avec des cadavres d'animaux. S'entraîner au catapultage c'est améliorer sa vitesse de construction de sa catapulte (tout en bois de cagette je le rappelle), c'est affiner sa précision de tir, corriger ses angles d'attaque. L'entraînement d'un catapulteur c'est presque comme tenter d'ouvrir une porte avec une cassette VHS : un vrai défi.
Après avoir bien sué le catapulteur peut s'envoyer des dizaines de substances bizarres (Eric par exemple est fan du contenu de couches-culottes). Nos détracteurs nous reprochent d'ailleurs ces pratiques uniques de fin d'entraînement, nous considérant comme des personnes déviantes et amorales. Je ne vois pas ce qu'il y a de mal à ingérer des substances fécales ou de s'envoyer des hectolitres de sang de loutres derrière la cravate.

A 12h Eric rentre chez lui, titubant. Son paillasson comme seul vêtement. Mais un sourire se dessine sur son visage étrange. Le sourire de la satisfaction de s'être préparé avec sérieux et dévouement pour une prochaine compétition de catapultage de loutres.

NOTE : avant tout entraînement la Fédération Française de Catapultage de Loutres préconise de souscrire une assurance "mort violente".

10 avril 2008

Portrait d'un maître catapultier : Henri Jackson

Il est des hommes légendaires dont le Petit Larousse ne retient pourtant que l'étymologie. Oui je sais cette phrase ne veut rien dire mais je voulais commencer par quelque chose d'un peu classe. Mais en substance je voulais dire que l'histoire du catapultage de loutres est semée d'individus aussi marquants que dangereux. Aujourd'hui j'aimerais vous dresser le portrait d'un maître catapultier hors norme qui a été le mentor de quelques grands noms de notre sport. Je veux bien sûr parler de Henri JACKSON.
Avant de développer rappelons ce qu'est un "maître catapultier". Un maitre catapultier est un initiateur au catapultage de loutres. Une fois qu'on a rempli son dossier d'inscription (j'ai écrit un article à ce sujet, à vous de le retrouver) on est guidé vers une personne, souvent un homme d'ailleurs (ou une femme à moustache) qui aura pour but de vous apprendre le B.A BA de notre sport : comment construire une catapulte, l'histoire du catapultage de loutres, l'utilisation d'un couteau papillon etc.

Henri JACKSON est né à Bugglesville en Louisiane, ville connue pour ses crêpes à l'eau de Javel, en 1900. Henri est issu d'une famille pauvre. Tellement pauvre que la maison des JACKSON n'a que des fenêtres (essayez d'imaginer). La chance du jeune Henri c'est qu'il vit près d'une zone à loutres grises. Chaque soir il va les voir pour s'adonner à des plaisirs coupables et surtout pour les dégommer à coups de planchette.
A l'âge de quinze ans il part sur les routes avec ses frères pour faire une série de concerts. On les appelait les "JACKSON Six". C'est lors d'un after plutôt arrosé qu'il rencontre un maître catapultier. C'est lui qui enseignera au jeune Henri les ficelles du métier. Il abandonne la musique founeki et se tourne définitivement vers le catapultage de loutres.
Henri JACKSON se fait rapidement une réputation dans le milieu.
On loue ses méthodes efficaces. Efficaces mais rudes. Il utilise notamment la technique de "la chaussette" : il remplit une chaussette de pierres et de petits morceaux de métaux divers et frappe son élève s'il catapulte comme un manche. Ce qui n'est pas sans engendrer quelques "oeufs cassés" (152 jeunes catapulteurs morts en soixante ans).


Au fil des ans on se presse à la porte de la cabane au fond des bois de Monsieur JACKSON pour y apprendre le catapultage. En 1970 il devient le maître catapultier officiel du grand John Philston B. BUTCHER. Il décède dix ans plus tard d'une crise d'allergie à l'eau minéral.