29 novembre 2008

Le critérium des premières neiges meurtrières

La Fédération Internationale de Catapultage de Loutres (FICL) ne manque pas d'humour. Ah ça non! Afin de pimenter la vie des catapulteurs qui pensaient pouvoir passer des jours hivernaux peinards devant un bon feu de cheminée tout en sirotant un Banga cuvée 92 notre bonne vieille fédération a décidé d'organiser un nouveau meeting. "Le critérium des premières neiges meurtrières", dans la petite ville de Cistol en Alaska.
Tout catapulteur qui se respecte se devait d'y aller. C'est pourquoi il y a quatre jours j'ai du remplir ma valise de pulls, de chaussettes en peau de nains, de boules de geisha et ai pris la direction de l'Alaska a bord d'un bon vieux zeppelin affrété par la FICL (qui est fan des zeppelins, "le transport du futur" d'après eux). A Cistol je rencontrai mes adversaires de toujours : Edward FILTER, Pedro MANCINI et autre RAVALOCHE. Sur le tarmac de l'aéroport des gardes armés portant un badge "FICL" accroché au blouson nous ont demandé de nous déshabiller. Nus comme des vers nous avons du faire des pompes en pleine tempête de neige. Les moins courageux d'entre nous se faisaient fouetter à coups de bâton en bambou ou se faisaient mordre par des chiens. Après ce petit comité d'accueil fort sympathique qui m'a rappelé mes glorieuses années de prisonnier au Vietnam nous avons été conduits, tout juste vêtus d'une couverture pour deux (ce qui favorise les rapprochements "virils"), au petit stade municipal. Le public était constitué essentiellement de caribous, de castors et de gardes chasse fortement alcoolisés. Presque nus, les pieds dans 50 centimètres de neige, nous avons commencé à construire nos catapultes en bois de cagette sous les ordres hurlés des arbitres/gardiens. Certains criaient en allemand. Monter une catapulte dans ces conditions c'est comme vouloir résoudre un rubik's cube en étant daltonien. Si votre tournevis vous glissait des mains vous pouviez être sûr de vous blesser assez grièvement pour que la seule solution de vous secourir soit une amputation préventive.
Rapidement on a commencé à voir des loutres grises voler dans le ciel. Y a pas à dire, une loutre catapultée dans le ciel de l'Alaska ça a de la gueule. Mais un problème d'importance est venu perturber notre bonheur éphémère : les loutres congelaient sur place et ce sont de véritables blocs de glace que nous devions catapulter. Il faut dire qu'une loutre de Roumanie supporte difficilement les -25 degrés observés à Cistol. Nos gardiens/arbitres/tortionnaires ont eu l'idée de génie de recouvrir les loutres de poix et de les enflammer avant chaque catapultage. Double avantage : ça nous réchauffait et les loutres dessinaient une jolie courbe orangée dans les airs une fois catapultées.
Le "top crash" nous a valu quelques fous rires. Comme vous le savez c'est une épreuve dans laquelle on recule de plus en plus une cible en béton armée. Et plus la cible s'éloignait et plus, à cause de la neige, nous arrivions difficilement à distinguer l'objectif à atteindre. Ce qui fait qu'à plusieurs reprises nous avons envoyé nos loutres enflammées sur des inuits qui passaient par là. Voir ces petits hommes et femmes courir dans tous les sens, une loutre en feu collée à leur dos nous a fait oublier le temps d'un instant nos conditions difficiles. Pour l'anecdote j'ai remporté l'épreuve et c'est également moi qui ai réussi à brûler le plus d'inuits (j'ai notamment enflammé une famille entière avec un seul animal, chapeau l'artiste hein).
Le "lancer tendu" a vu une lutte acharnée entre l'allemand Karl KARLOFF et le jeune anglais Edward FILTER. KARLOFF a du s'employer pour catapulter plus de loutres que FILTER. Il a du faire appel à ses souvenirs du jeu "Track'n'field" sur NES. Et ça a marché. Battre FILTER sur son propre terrain de chasse, bravo Karl.
Le clou du spectacle, "la distance". On a eu un peu le même problème que pour le top crash. Parfois les loutres catapultées se perdaient. Pas pour tout le monde me direz vous, mais quand même. Mesurez la distance n'était pas aisé non plus. Sachez que cette distance est mesurée au double décimètre en partant de la place du catapulteur au point d'impact de la loutre. Les juges arbitres doivent donc reporter leur règle autant de fois que nécessaire jusqu'à la loutre écrasée au sol. Chose peu évidente à faire dans une tempête de neige. Un des juges est tombé dans un trou qui l'a emmené dans une warp zone. J'ai du faire preuve de génie pour gagner l'épreuve. Je me suis rappelé mes cours de physiques-chimie au lycée Patrick TOPALOFF. J'ai adapté l'effet Leandro à la neige, faisant rebondir en quelque sorte la loutre sur les flocons en suspension. Meuuuh si c'est possible, regardez "c'est pas sorcier" si vous ne me croyez pas.
A la fin de la journée quatre camarades étaient morts de froid. Nos gardiens nous ont obligé à les transformer en menus happy meal.

On peut trouver à la lecture de ce récit que ce meeting était une mauvaise idée, l'expression du sadisme constant dont fait preuve la FICL à l'égard de ses ouailles. Mais à y regarder de plus près ça nous a rapproché. Les liens entre catapulteurs se sont resserrés. Nous avons du chercher au plus profond de nous pour nous dépasser, pour remporter les épreuves. Quitte à vider son compte en banque ou à transformer des hommes en hamburgers pour enfant.
J'ai souffert, certes, mais j'ai aussi bien ri. Et ça, ça n'a pas de prix.

15 novembre 2008

Les trois valeurs du catapultage de loutres

Récemment j'ai reçu une lettre de Pedro...Pedro le Philippin. Il voulait que je lui résume le catapultage de loutres en trois mots. Oui, en trois mots. Et oui j'aime les répétitions. Difficile de circoncire un noble sport en si peu de termes. Mais, alors que je regardais un excellent épisode des "Experts Rungis" un éclair de lucidité m'a frappé. Ce genre de moment qui atteint les alcooliques au lendemain d'une cuite qui les a conduit à bord d'un sous-marin russe gay. Non, je ne pouvais pas résumer le catapultage de loutres en trois mots, mais en trois valeurs! Rien qu'ça. Quelles sont elles? Le tournevis cruciforme, le bois de cagette et la loutre elle-même.
Les plus fins linguistes opposeront à cela que ce ne sont pas des valeurs mais des groupes nominaux. Mais par ces propos ils ne feraient que prouver leur non attachement à notre sport et surtout leur non compréhension des choses. Comment ne peut-on pas qualifier le tournevis, le bois de cagette et le petit animal projectile de valeurs? Etant donné que c'est une interrogation rhétorique on ne peut évidemment pas.

Comment ne pas penser au vaillant catapulteur construisant sa catapulte, les mains pleines de sueur et d'échardes lorsque se présente à nos yeux un tournevis cruciforme?
Comment ne pas visualiser une catapulte, chef d'oeuvre ouvragé digne des plus belles cathédrales de Bagdad, lorsqu'on achète une douzaine de pommes de terre disposées dans une cagette en bois chez le primeur?
Et comment ne pas être frappé par deux siècles d'histoire de sport et d'une envie impalpable de meurtre jouissive lorsqu'on voit une petite loutre grise batifoler dans un étang?

Le tournevis cruciforme, le bois de cagette et la loutre grise de Roumanie resteront à jamais les trois valeurs les plus fortes du catapultage. Leur simple évocation remplit le cerveau d'une galaxie d'images, de sensations et de liquide noirâtre semblable à du Destop. Si un Américain est prêt à mourir pour son drapeau, nous catapulteurs, sommes prêts à périr pour nos trois valeurs.

11 novembre 2008

Olivier LeJeune ou le catapultage sauce Carambar


Eh non! Au risque de vous décevoir, Olivier LeJEUNE (cf photo) n'est pas mort. En tout cas pas encore. Non, si je parle de lui aujourd'hui c'est pour rendre hommage à cet illustre défenseur des valeurs du catapultage de loutres. Il fait partie de ces grandes figures "people" de notre sport. Pas une prestation de l'humoriste français n'est teintée de catapultage. Rappelez-vous ses sorties dans la célèbre émission "la classe". Il finissait chacun de ses sketches par deux phrases : "mort à l'Empereur Guillaume II" et "j'aime pas les loutres". Pour en savoir plus sur celui qui clame haut et fort sa haine des loutres grises de Roumanie j'ai décidé de l'interviewer lors d'un passage à Paris (où il venait assister à un concert de NTM, groupe de modern-twist français dont il est particulièrement friand).

-P'tit Praince : "bonjour Olivier, peux-tu expliquer aux deux trois psychopathes qui fréquentent mon blog comment tu t'es lancé dans le catapultage de loutres?"
-Olivier LeJEUNE : "un jour, alors que j'étais jeune comédien, j'ai rencontré le Grand Jean LEFEBVRE. Et, après une soirée roulette russe, il a commencé à me parler du catapultage de loutres. Un sport alors presque inconnu pour moi. C'est là que j'ai découvert que Jean était un grand catapulteur et il m'a donné envie d'essayer de catapulter quelques loutres. Pourquoi les pompiers portent-ils des bretelles rouges ? Réponse : pour tenir leur pantalon!"

-PP : "oulah, c'était quoi ça? j'ai cru entendre une mauvaise blague Carambar. Ca doit être une hallucination. Ah oui, Jean LEFEBVRE, le Jeannot comme on l'appelait. Une grande figure de notre sport. Te souviens-tu de la première loutre que tu as catapulté?"
-O.LJ : "Oh j'étais jeune et foufou. Je ne participais pas encore à 'la classe'. J'ai suivi une formation auprès d'un Maître Catapultier où j'ai pu déjà me rendre responsable de la mort de plusieurs loutres. Mais ma première loutre catapultée officiellement c'était lors d'un petit meeting de province, avec des amis catapulteurs. Catapulter son premier animal de façon officielle donne une réelle jouissance et une vraie envie de meurtre sur personnes âgées de petite taille. L'autre jour, j'ai failli perdre ma montre. Elle était arrêtée et moi je continuais à marcher."

-PP : "Tiens, ça l'a refait là non? La mauvaise blague Carambar. Non? Dis moi, catapultes-tu encore aujourd'hui?"
-O.LJ : "Oh seulement à l'occasion. Je crois qu'on ne s'arrête jamais vraiment de catapulter. Une fois qu'on a fait souffrir une loutre en la propulsant à 250 kilomètres/heure sur un mur en béton armé on ne peut plus s'en passer. Mais je suis beaucoup plus spectateur qu'avant. J'étais à Pékin pour les Jeux Para Olympiques. Pour soutenir l'équipe de France. Julien, 3 et 3, ça fait combien ? demande l'instituteur.
- Match nul, monsieur".

*cendrier en verre qui s'écrase sur le crâne d'Olivier LeJEUNE, qui s'effondre sanguinolent dans de terribles râles de souffrance*

-PP : "Ça suffit là! Oh! Les blagues Carambar c'est drôle une fois mais au bout de trois ça donne envie de tuer à coup de cendrier en verre (des fois que vous n'ayez pas compris que c'est moi qui ai frappé Olivier LeJEUNE). Sans blague! Voilà, maintenant je vais devoir aller chercher de la soude pour faire disparaître un corps. Encore une fois!"

*on apprendra par la suite que l'humoriste n'était pas mort mais juste sévèrement commotionné*

Merci à Carambar™ pour son soutien

02 novembre 2008

"I'm John McCain and I approve this message"

Dans 48 heures le monde élira son nouveau Maître. Barack OBAMA? John McCAIN? Hulk HOGAN? Nous, à la Fédération Internationale de Catapultage de Loutres (FICL) on a déjà choisi. Ce sera John McCAIN! Le mystérieux président de la FICL, dont je le rappelle personne n'a encore vu le vrai visage, a déclaré ce matin qu'une victoire démocrate aux élections présidentielles américaines serait, je cite : "une catastrophe pour notre sport semblable à celle qui nous a frappé lors de la chute du Stalinisme." Le président de la Fédération Française de Catapultage de Loutres, qui n'est autre que Jacques CHIRAC, n'est pas en reste. En effet il a également envoyé un message de soutien à McCAIN accompagné d'une tête de veau.
Pourquoi ce soutien fervent au candidat républicain? John McCAIN n'a jamais caché son amour pour le catapultage de loutres. Au Vietnam, alors qu'il était prisonnier de guerre, il s'adonnait déjà à ce fantastique sport. Oui je sais, pas facile de catapulter une loutre quand on vit dans une cage en bambou de trois mètres sur deux, les chevilles cassées au marteau. Mais quand on aime on ne compte pas. McCAIN a également promis lors de sa campagne l'introduction du catapultage à l'école. Il a aussi évoqué la peine de mort pour tout opposant à notre sport. Comment ne peut-on pas souhaiter la victoire d'un tel homme quand on catapulte des loutres? Oui, vous avez raison, on ne peut pas.

John, la victoire est en nous! Gagnez...pour le bien de l'humanité!